Ouais bon, je sais, ça fait un an que je radote sans arrêt sur l'Islande, et que ça ne vous passionne pas, mais...
En ce moment, en Islande, une campagne de promotion du tourisme en Islande a lieu. Elle s'appelle "
Inspired by Iceland", et se compose pour l'essentiel de vidéos, créés par les promoteurs, et qui met en scène des personnalités connues (Viggo Mortensen, Yoko Ono...) et des anonymes de tout pays qui ont choisi de dire, sur place, pourquoi l'Islande les a attirés. Du jeune passionné des vikings à la petite vieille qui sanglote en expliquant qu'elle y est venu pour réaliser son dernier rêve, tous racontent leur expérience du pays.
J'ai eu l'idée de faire la même chose, de mon côté, un an après y être allé, et par écrit.
Et je me suis rendu compte que je n'y arrivais pas. Les mots, quels qu'ils soient, ne seront jamais assez forts ni assez explicites pour faire comprendre aux gens à quel point ce pays me fascine.
A chaque instant sur le sol islandais, j'ai eu l'impression étrange d'être accompli, d'être là où je devais être, d'être de retour dans un endroit où je n'avais jamais été. C'est assez indescriptible: la déformation du temps, le flou de chaque instant, comme d'être tellement saoul ou défoncé que la moindre chose est impressionnante. J'y étais, et j'y étais bien.
Aujourd'hui l'Islande traverse une grave crise comme elle n'en a jamais connu; peut-être paye-t'elle la fulgurance de son accession à la modernité ou la trop grande naïveté de son Etat-Providence... là n'est pas la question. D'autres pays souffrent de la crise et pour remonter, aucun n'a pris la voie qu'à pris l'Islande: favoriser le tourisme, l'encadrer aussi, pour en faire une ressource durable et protéger leur nature. Ils refusent de revendre leur âme et de suivre une fois de plus les sirènes de la facilité. La publicité que leur a faite l'Eyjafjöll, leur a permis de venir sur le devant des éditoriaux mondiaux - comme un cadeau offert par la nature qu'ils chérissent tant.
Aux dernières élections locales: tous les grands partis, basant leur programme sur une reprise financière du pays ont pris une claque monumentale. Un comédien, candidat au conseil de Reykjavik, a fondé son parti, nommé le "Meilleur Parti", sur un seul précepte: "les gens doivent pouvoir rire et s'amuser". Son parti a remporté la majorité avec 34% des voix. Les islandais sont aussi surprenants que cela: bien conscients de la merde dans laquelle ils se sont fourrés, ils ne peuvent désormais compter que sur leur désir de s'en sortir, leur enthousiasme si communicatif et la fierté de leur pays.

(Avec des live webcam de Reykjavik, du Lagon Bleu et du Jokulsarlon)