Le trône de fer, prix locu 1997 du meilleur roman de fantasy, est une longue saga épique (plus de 10 tomes) dans la lignée disent certains (à raison) des rois maudits, mais avec en plus une dimension "magique" et des batailles. Un jeu de plateau et bientôt une série télé en sont tirés.
Je vais essayer de ne rien vous spoiler que vous ne puissiez lire dès les premières pages, sur la couvrture, ou un résumé sur le net!
L'histoire se déroule sur la péninsule de Wisteros, un monde imaginaire. Au nord, un mur plus haut que les hautes tours d'un château, vieux de 8 000ans dit on, bâti par les premiers hommes dont descendent directement les gens du nord, sépare Wisteros du continent. Les nourrices et les conteurs abreuvent les enfants de légendes sur les horreurs qui se trouvent par delà le mur, Tarrasques et autres monstres de fables auxquelles plus personne ne croit. La garde de nuit veille, depuis le mur elle guette la menace qui viendra avec les ombres. Mais la menace, de mémoire d'homme, n'existe plus, et elle n'est plus que l'ombre d'elle même, plus composée désormais que des seuls bandits qui ont préféré revêtir la tenue noire aux châtiments que leur réservait la justice.
Pourtant, une menace rôde bel et bien par delà le mur, bien plus terrible que les loups garous qui hantent ses bois, et les sauvageons, le peuple barbare et inoffensif des terres glacées du nord.
Mais loin de ces préocupations, les gens de Wisteros se déchirent en intrigues pour le trône de fer, qui reigne sur le vaste et puissant royaume des sept couronnes. Loin des intrigues de la cour, Eddard Stark, seigneur de Winterfell et des armées du Nord, régne avec justice. Son peuple descend des premiers hommes, ils boudent le dieu à sept faces des riches terres du sud et lui préfère les dieux sans nom et les superstitions de tous oubliées. Son emblème est le loup garou, et sa devise, entre toutes peut être la moins noble, "lhiver vient". L'hiver dans le nord est plus terrible que n'importe où aileurs, et surtout il est à wisteros bien plus long que chez nous... Après un été caniculaire de neuf ans, un hiver proportionnellement terrible se prépare.
Le roi Robert Baratheon, actuel souverrain, à prit le trône par la force au dernier des rois issus des dragons, Targaryen, et condamné ses enfants à l'exil. Mais c'est un roi incompétent et son trône est convoité. Les alliances se font au gré des interêts et les trahisons au gré des opportunités.
La magie est ici subtile, omniprésente dans les légendes, on la croirait dans l'histoire reléguée au rang de superstition, et pourtant... Les "autres", disparus depuis des milliers d'années, dont les seuls vestiges sont ces bosquets dont l'arbre coeur porte un visage, ont ils existé? Les crânes de dragon qui décoraient la salle du trône des Targaryens sont ils authentiques? N'y-a-t-il rien dans le nord d'autre que des barbares et de la glace?
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Les personnages sont nuancés, ni blancs ni noirs, tôt ou tard ils commettent tous des erreurs, se comportent tous mal. Ils n'en sont pas moins attachants. Leurs interractions sont riches et complexes. Mais outre la diplomacie et les intrigues, on a aussi une dimension épique, des batailles, des guerres, et du surnaturel subtil.
Mais ce qui frappe surtout dans le trône de fer, c'est la qualité de l'écriture, il est malheureusement assez rare dans le médiéval fantastique de trouver le la "vraie" litterature, trop rare hélàs depuis Tolkien. Le vocabulaire pour les équippements et autres spécificités du genre est riche, la tournure des phrases est adaptée à l'époque, etc.
Voici à titre d'exemple un court extrait, une déscription de personnages du tout début (page 66 du premier livre) du point de vue de Jon (batârd de lord Eddard Stark et donc demi frère des enfants starks vus ici).
Citer:
En tête marchait la reine, aussi belle qu'on la réputait sous la tiare de pierreries qui rehaussait son opulente chevelure d'or, et parée d'emeraudes aussi vertes que ses prunelles. Mais tandis que père la menait vers l'estrade et l'y installait, elle affectait superbement de l'ignorer, souriant d'un sourire auquel Jon, tout gamin qu'il était, ne se méprit pas.
Lady Stark à son bras venait là dessus le roi. Pis que décevant. Comment reconnaître jamais dans ce poussah suant, barbu, cramoisi qui s'entravait dans ses brocarts comme un rustre éméché, l'incomparable Robert Baratheon, le héros du trident, le prince des guerriers, le géant des princes ressassé par père?
Derrière avançait la marmaille. Avec autant de dignité que le comportait ses trois ans, petit Rickon ouvrait le ban, houspillé par Bran qui devait sans cesse le dissuader de s'arrêter pour des risettes. Sur leurs talons, Robb, aux couleurs des Starks, laine grise émaillée de blanc, conduisait la princesse Myrcella : un brin de fille allant sur ses huit ans, dont les boucles d'or cascadaient sous une résille sertie de joyaux. Surprennant au passage les regards furtifs et les sourires timorés qu'elle dédiait à son frère; Jon la décreta insipide, et l'air béat de celui-ci le convainquit qu'il était trop niais pour la juger insipide.
A ses demi soeurs étaient échus les princes. A demi perdu sous sa toison platine, le grassouillet Tommen équipait Arya, et Sansa l'héritier du trône. Malgrès ses douze ans Joffrey dominait déjà d'un pouce, au grand dam de Jon, ses aînés du nord. Aussi blond que sa soeur, il avait les yeux vert sombre de sa mère, et sa nuque, ainsi que son écharpe d'or et son grand collet de velours, disparaissait sous ses boucles tumultueuses. Agacé de voir Sansa radieuse en telle compagnie, le batârd n'aprécia guère non plus la moue d'ennui dédaigneux que le jeune Baratheon promenait sur les aîtres de winterfell.
Ca se lit très bien, l'histoire est aussi passionnante que le monde est recherché, je le conseille à tous les amateurs de sagas fantastiques.